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La communication entre chiens

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souris65
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La communication entre chiens

Message par souris65 » mar. 1 sept. 2009 09:51

Pour maintenir la cohésion et la sécurité de la meute,
les chiens doivent pouvoir échanger des informations
.


Cette nécessité vitale qu'on retrouve chez tous les animaux sociaux, des insectes aux mammifères, a conduit au développement de systèmes de communication très développés. Toute communication suppose l'existence d'un émetteur et d'un récepteur. Pour que le message soit perceptible, il faut qu'il soit construit à partir d'éléments qui soient perçus par les systèmes sensoriels du récepteur, et en particulier ceux qui sont en éveil dans une situation donnée. À chaque système sensoriel correspondent des canaux de communication.
Le chien en utilise couramment trois : le canal visuel, le canal auditif, le canal olfactif. Il utilise assez peu le canal tactile.

Vision :

Sans aucun doute, c'est le plus complexe, tant par la diversité des informations qu'il fait passer que par sa capacité à se modifier et à s'adapter à la communication avec d'autres espèces - l'homme en particulier, mais aussi le chat, le cheval. Par ce canal vont passer des informations codées sous forme de postures, mimiques faciales, vitesse de déplacement, regards (par exemple de menace).
La plupart des postures ou enchaînements de postures que le chien utilise pour communiquer sont des rituels. Un rituel est initialement un acte simple, inné, qui a une fonction de survie; au cours du développement comportemental ou de sa vie d'adulte, le chien modifie cet acte pour lui donner une fonction de communication.
Prenons l'exemple des chiots qui, à la fin de la période d'allaitement, passent par une phase de transition alimentaire durant laquelle ils peuvent solliciter la régurgitation de nourriture prédigérée par leur mère. Pour ce faire, ils lui mordillent les babines : il s'agit d'un acte simple pour lequel il n'y a pas d'apprentissage connu.
Plus tard, les chiens, lorsqu'ils ont enfreint certaines règles, présentent ce comportement pour apaiser les dominants. Dans ce cas, le jeune chien modifie son mordillement : il se baisse sur ses pattes et vient, en remuant sa queue ramenée entre ses postérieurs, se placer à côté du dominant. Ses oreilles plaquées vers l'arrière, la tête penchée sur le côté, il monte lentement son museau à la rencontre des babines du dominant qu'il mordille du bout des incisives. L’acte de départ a donc bien été enrichi et le déclenchement de ce comportement n'a plus rien à voir avec la faim; il a maintenant un stimulus déclencheur qui lui est propre : c'est la ritualisation. Ces rituels sont essentiels à la cohésion et à la survie de la meute. En effet, ils limitent les combats qui seraient provoqués par une communication ambiguë.
A presque toutes les situations de communication entre les chiens correspond un rituel qui permet à chacun des protagonistes d'interpréter les réactions de l'autre et d'adapter sa propre réponse.

Audition :

Les messages qui passent par ce canal sont émis sous forme de vocalises. Leur importance varie selon les races, mais c'est la sélection réalisée par l'homme en vue de certaines utilisations qui en est responsable. Le meilleur exemple dont nous disposons est celui des chiens courants, chez qui on retrouve encore la totalité des vocalises avec leurs fonctions importantes pour la prédation. À la naissance, le chiot ne sait pas vocaliser; il affine progressivement son registre vocal en grandissant. La communication sous forme de vocalises n'est pas, malgré tout, prépondérante chez le chien, hors des situations de chasse en meute. Elle est le plus souvent utilisée en association avec les rituels posturaux pour souligner la coloration affective de la situation:
- grognement dans les situations de menace ou parfois de peur;
- plainte dans les situations de peur ou de douleur;
- jappement dans un contexte agréable (par exemple en association avec une posture d'appel au jeu)
- aboiement en situation d'alerte...
Les vocalises vont souvent être utilisées pour renforcer les rituels d'apaisement. C'est ainsi que, lors d'une infraction grave en présence d'un dominant, le dominé va associer des plaintes au rituel de mordillement des babines, les plaintes augmentant au fur et à mesure que le dominant se rapproche.

Olfaction :

On ne sait pas encore grand-chose sur ce canal, hormis sa grande importance chez le chien. On peut dire qu'il existe deux types de messages chimiques utilisés par le chien : d'une part, des substances qu'il synthétise lui-même, d'autre part, des substances qu'il récupère dans son environnement. Plusieurs zones du corps du chien semblent impliquées dans la synthèse de substances ayant un rôle dans la communication. La peau, les glandes sébacées et sudoripares sécrètent différentes substances dont certaines pourraient faciliter la reconnaissance entre individus. Certaines de ces glandes (par exemple la glande supra caudale) semblent particulièrement impliquées et sont systématiquement explorées lors de contacts entre chiens. Il en va de même des coussinets plantaires ou de la peau des espaces inter digités qui pourraient être responsables des messages chimiques déposés lors du raclage du sol par les dominants qui refoulent un intrus.
D'autres sécrétions sont mieux connues, en particulier celles des glandes annexes de l'anus et des sacs anaux, qui véhiculent des informations déposées sur les fèces lors des comportements d'élimination volontaires (informations d'ordre hiérarchique probablement), mais aussi des phéromones d'alarme lors de défécations par peur. Ce phénomène est bien connu des vétérinaires qui savent que, lorsqu'un chien a fait une crise de panique au cours de l'examen, les chiens suivants, alertés par ce qu'ils sentent dans le cabinet, sont beaucoup plus tendus. Les glandes annexes de l'anus joueraient aussi un rôle dans la reconnaissance individuelle et sont d'ailleurs systématiquement explorées lors de rencontres. Il semblerait que certaines infections dont elles sont le siège puissent modifier à ce point la composition chimique de leur sécrétion que des combats entre chiens habituellement conviviaux soient alors déclenchés. Mieux connu encore, le rôle de l'urine comme important véhicule de phéromones informant sur l'espèce, le sexe, le rang hiérarchique et la réceptivité sexuelle de l'émetteur. L'urine n'est jamais un marqueur territorial : un dépôt d'urine n'interdit pas le passage mais réclame une réponse, ainsi que tout propriétaire d'un chien mâle a pu le constater.
Enfin, la muqueuse de la verge, celle du fourreau, celle de la vulve ou du vagin sont productrices de phéromones dont une bonne partie est diffusée par l'urine. Le plus souvent, ces substances agissent seules, mais parfois leur émission est associée à des messages visuels. C'est ainsi que le fait d'uriner en levant la patte est un système plus complexe qu'il n'y paraît : il associe le message chimique avec une marque visuelle (la tache d'urine en hauteur) et une posture (lever la patte le plus haut possible lorsqu'on est dominant). Le rôle visuel du lever de patte est prouvé par une amusante observation : lorsqu'on regarde une meute de chiens la nuit, on constate que les mâles dominants urinent très souvent accroupis, alors que le jour ils le font en levant bien haut la patte, à la vue de tous.
À côté de ces messages chimiques produits par différentes glandes, le chien utilise des messages olfactifs qu'il récolte dans son environnement. Qui n'a jamais vu un chien se frotter consciencieusement dans une charogne, un crottin, une flaque d'urine ? Or, on constate très vite que le chien ne se frotte pas au hasard sur l'objet de son choix, mais cherche à en imprégner l'arrière de ses oreilles, sa croupe, la base de son encolure. Il s'agit de zones systématiquement explorées lors de rencontres entre congénères. Dès lors, différentes hypothèses ont été proposées qui sont toutes actuellement incontrôlables, en l'absence d'une meilleure connaissance de l'« alphabet chimique » des chiens. Toutefois, le plus plausible est que les chiens s'imprégneraient de substances susceptibles de renforcer leurs chances d'être perçus comme dominants.

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