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L'agressivité : notre chien est incontrôlable et agressif

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souris65
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L'agressivité : notre chien est incontrôlable et agressif

Message par souris65 » mer. 28 juil. 2010 14:43

La forme catégorique de cette assertion assénée comme une vérité incontournable,
induit qu’il n’y aurait que la revendication de dominance pour expliquer qu’un chien est difficilement contrôlable ou même agressif.
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C’est faire là une bien courte analyse… !

« C’est à peine si nous pouvons recevoir tellement notre chien aboie dès qu’un visiteur s’annonce et entre à la maison. Il saute tout de suite sur tout le monde, nous grogne dessus si nous voulons l’en empêcher, et ne laisse plus la paix à personne tant que nos invités sont là. Il a les mêmes comportements en promenade dans les rencontres avec ses congénères, il n’obéit pas, il est incontrôlable et agressif : c’est un dominant !»

A peine caricatural, cet instantané de relations avec un chien est des plus courant, et pour leurs propriétaires, penser qu’ils ont « un dominant » devient un état de fait immuable, comme un coup du sort d’être tombé justement sur cet animal là !

C’est faire une bien courte analyse que de cataloguer comme « dominant » un chien que l’on peine à contrôler, ou encore comme « dominant agressif » un animal qui aboie et grogne sur sa famille ou veut agresser ses congénères en balade.

Masquant avant tout que les choses peuvent être un peu plus nuancées, les aspects réducteurs et fatalistes de cette analyse donnent à penser que l’on ne pourra rien changer à rien, un peu comme si de ce chien noir on voulait en faire un chien blanc !

Si la couleur d’un chien dépend entièrement de sa génétique, il n’en est rien à propos de la dominance.

Il y a bien sûr des races (plutôt les molossoïdes) parmi lesquelles on remarque que les mâles sont très sourcilleux avec leurs congénères du même sexe (les femelles leur disputant parfois cette réputation)

Ils sont les plus prompts à aller « s’expliquer » de manière musclée dans les rencontres en balade. Cependant une bonne socialisation aux congénères, consciencieusement menée depuis le plus jeune âge, doublée d’une relation clairement organisée autour de règles de vie rigoureuses, tempère beaucoup ces intolérances et façonne un chien tout à fait contrôlable, même de ce type de races.

Entre canidés, la dominance est toujours fonction des intentions l’autre, de sa volonté ou non de ne pas s’en laisser imposer. Ainsi tel chien pourra très bien dominer celui-là et à l’inverse être dominé par celui-ci, qui se trouvera avoir plus fortes assurance et détermination que lui. Entre chiens ces questions se règlent le plus souvent pacifiquement. Regards, flairages permettent à chacun d’évaluer la détermination de l’autre à vouloir affirmer son autorité, encore faut-il qu’ils soient pour cela libres de leurs mouvements.

Beaucoup de chiens toujours tenus en laisse ne peuvent même pas se mesurer avec des congénères et s’ajuster interactionnellement lors de rencontres. Ils en sont empêchés par ce lien tenu généralement fermement par des maîtres souvent inquiets et malhabiles. L’animal se sent vulnérable, et grogne ou aboie pour freiner toute approche, à laquelle il ne pourra pas faire face en toute possession de ses moyens naturels.

Moyens naturels permettant de s’adapter à toute éventualité, et qui sont ceux de :

l’immobilisation, le temps de jauger le type d’approche, amicale ou offensive de l’autre

ou la fuite, s’il lui semble que l’autre a des intentions belliqueuses et qu’il ne tient pas à l’affronter

ou bien encore l’attaque, s’il se sent au contraire tout a fait prêt à s’imposer

Les chiens qui ne sortent pas souvent de leur jardin ne sont pas des plus à l’aise non plus avec leurs congénères par manque de familiarisation, et accumulent même pour certains comme une volonté d’en découdre avec le premier venu croisé en balade!!

C’est pourtant, surtout et avant tout par peur, que nombre de ces chiens promptement qualifiés de « dominant » menacent leurs congénères en grognant et aboyant ou les agressent en sautant et mordant. Cette émotion demeurant la plus mal reconnue, principalement par les maîtres de chiens de grande race.

Comme exposé plus haut, certains de ces chiens sont catalogués de « dominants » parce qu’agités et désobéissants à la maison, autant que difficilement contrôlables en balade.

Sans forcément revendiquer la dominance, un chien peut avoir de bonnes raisons de ne pas répondre (couramment les humains appellent cela désobéir) à une demande ou un ordre de ses maîtres : soit il ne peut pas, soit il ne veut pas.

S’il ne peut pas : c’est peut-être qu’il ne comprend pas, ou qu’il a peur…

S’il ne veut pas : c’est peut-être qu’il a fait précédemment une mauvaise expérience de ce qui lui est demandé, ou que simplement il n’en a pas envie ! Alors pourquoi pourrait-il n’en avoir pas envie… ?!

Comme beaucoup le pensent, le chien n’obéit pas exactement pour faire plaisir à son maître, mais plutôt pour le plaisir que lui procure un maître très reconnaissant et gratifiant quand il est lui-même satisfait. Dans la même optique, l’animal ne désobéit pas pour « embêter » son maître mais plutôt parce que celui-ci n’aura pas su assez le motiver, en lui montrant qu’il pouvait être agréable de lui être attentif !

Tellement de chiens attendent qu’il leur soit simplement offert de trouver les bonnes manières de se comporter.

Il est vrai qu’il manque des centres ou chiots et chiens pourraient s’exercer en toute liberté à parfaire leur socialisation, pour qu’ils expérimentent avec leurs maîtres qu’il n’y a pas que des risques à fréquenter des congénères.

Mais il manque aussi une réelle prise de conscience que le chien est d’une espèce différente de la nôtre, qu’il a des codes sociaux et de communication qui lui sont propres et que son intégration dans la famille nécessite qu’il en soit tenu compte.

Accaparés par une recherche éperdue de repères stables et de limites constructives, beaucoup de chiens n’attendent que des maîtres instruits de ce qui fait leur équilibre comportemental, et qui ne se contentent pas d’en rester aux idées reçues. Quelques règles de vie non changeantes au gré des humeurs et des emplois du temps des différents membres de la famille, offrent déjà un bon début dans ce sens. On peut poursuivre ensuite en s’interrogeant sur ce qui dans la relation peut induire un comportement inattendu du chien et surtout se demander comment va-t-on y réagir.

Les spécialistes du comportement étant bien sûr disponibles pour éclairer sur les bonnes bases de relations harmonieuses avec un chien, et ce avant toute acquisition d’un chiot ou bien quand rien ne va plus avec le chien de la famille.

Danièle Mirat

Texte publié dans le magazine "Atout Chien" n° 229 de mars 2005
Nier la soufrance de l'animal entraine vite à devenir indifférent
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"Sans les animaux le monde ne serait pas humain" Kl. Matignon


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